jeudi 4 juin 2009

Qu'est ce qu'un bon Sponsor Projet ? (Mon sponsor m'a tuer)


Je lance cette semaine un projet après une phase de préparation de 6 mois.
Gros projet, grosse équipe, gros budget. Potentiellement peut changer la manière de travailler de l'entreprise pour les années à venir si il montre des résultats satisfaisants.

Le sponsor projet est le nouveau directeur Études, un jeune loup débauché il y a peu de chez le concurrent. Son avenir est aussi net que les marques de dents qu'il laisse sur le parquet.
Mon comité de pilotage est constitué de lui et de mon Big Boss (qui aujourd'hui n'est plus...voir ici)

On met donc en production le projet : 1ers résultats super. Je me fend d'un mail encourageant sur ces résultats (on est jamais mieux servi...).

Réponse lapidaire du Sponsor : "Tu as donc mis en production sans mon accord, merci de tout stopper"

[!!!!! Argh !!!!!!]

Résultat : mon projet est en stand by, et je rumine les erreurs que j'ai pu commettre.

Mais tout d'abord, qu'est-ce qu'un sponsor projet ?

Un sponsor projet est une personne (habituellement d'un haut niveau hiérarchique) qui "porte la flamme" du projet. Il s'engage à supporter le projet en fournissant les moyens nécessaires au succès.
Par exemple le sponsor apporte :
  • Visibilité et attention au projet à travers ses différents cycles
  • Assure la disponibilité des ressources nécessaires
  • Est le point le plus haut à qui s'adresser pour les décisions projet et les problèmes
  • Supporte les efforts du comité de pilotage et pousse pour l'atteinte des objectifs

L'implication du sponsor projet et son intérêt dans le projet est essentiel à la motivation des membres de l'équipe projet et des utilisiteurs finaux du produit du projet; ainsi qu'au succès du projet.

En regard de ce que je viens d'énoncer, je me rend compte que mon sponsor ne répond pas à la définition sur 2 critères :

un problème de légitimité.

Une fois Big Boss parti il s'est retrouvé seul en tête de pont sur un projet potentiellement casse gueule et à forte visibilité, dû au changement de mentalité qu'il implique dans l'entreprise. Or un mec comme ça n'arrive pas, si jeune, là où il est par hasard. Son sens politique, et son aptitude à se couvrir font de lui l'homme qu'il est. Il s'est donc couvert, en me sacrifiant, par rapport à tout problème que pourrait générer ce projet.
Ce faisant il perd toute considération de la part de son chef de projet (c'est à dire moi) et ma motivation est inversement proportionnelle aux chiffres du chômage...

Un problème de visibilité / communication.

Je me rend compte que sur certains aspects je ne l'ai pas assez rassuré en ne lui fournissant pas assez de détails sur les opérations du projet. Du coup il a dû se dire qu'il n'avait pas assez de billes pour assumer ce projet, et il est revenu à ses réflexes premiers : se couvrir avant que ça chauffe (si tant est que ça chauffe)
J'aurais dû faire des points fixes particuliers avec lui de manière plus régiulière et l'impliquer davantage en lui faisant valider plus de décisions. Mes envies d'autonomie se sont heurtées à son besoin de contrôle et d'information.

Bref : je suis pas sorti...
La suite au prochain numéro.

Si vous avez aimé (ou pas) ce billet n'hésitez pas à me laisser un petit mot d'encouragement ou de conseil dans les commentaires !

6 commentaires:

Bertrand Duperrin a dit…

Disons tu que tu as hérité d'un bon carriériste, pas d'un bon sponsor. Un vrai sponsor s'engage dans les projets qu'il supporte et auprès de leurs responsables.

C'est la différence entre les deux. L'un réussit seul, l'autre considère qu'il doit faire réussir les autres pour réussir et assumer les échecs si nécessaires.

Le bon sponsor est une espèce si rare...

Monsieur J a dit…

Merci Bertrand pour ton commentaire.

N'y aurait-il pas eu un moyen de se prémunir de ce genre de mésaventure ?

François a dit…

Très bon choix photo !

Monsieur J a dit…

Yes, bravo François tu vas voir ce qui se cache derrière les apparences ;-)

Bertrand Duperrin a dit…

@Monsieur J : heu... soit c'est toi qui choisit et qualifie le sponsor, soir tu fait avec celui qu'on t'a donné.
Dans la seconde hypothèse il n'y pas de solution miracle :
- tu agis comme il te demande, le projet peut dérapper tu est en partie couvert (c'est en dessous que ça va taper...enfin comme d'habitude). Pas sain.

- et surtout tu te couvres en envoyant lui un mail bien tournée selon lequel il va contre tes préconisations et te demande de et que tu prend acte.

Moralité, sans "bon" sponsor on est contraint de prendre des risques ou d'avoir une attitude finalement négative?

Monsieur J a dit…

@Bertrand :
Moi j'aimerais sortir de ces réflexions "il faut se couvrir". Pour moi un groupe projet devrait marcher dans le même sens, celui de l'atteinte des objectifs projet.
Sauf que évidemment (je ne suis pas si naïf) lorsque le projet tourne bien chacun va essayer de voir comment s'en servir pour son avancement personnel et si il tourne mal...les rats quittent le navire !